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Histoires de peinture

translations from seveal Hungarian reviews
2008-11-10

Critiques et compte-rendus de la version hongroise du livre Histoires de peinture de Daniel Arasse, publiée par les Éditions Typotex :

 

1.       Autóstoppos arkangyal (Dékei Kriszta, Magyar Narancs, 2008. szeptember 25.)

2.       Festménytörténetek (Borbély Szilárd, Élet és Irodalom - Ex libris, 2008. május 9)

3.       Sikamlós festmények titkos utalásai (florescu, Könyvesblog, 2008. augusztus 18.)

4.       Élménytörténetek (Németh János, Élet és Tudomány, 2008. április 25.)

5.       Leonardo titka marad Mona Lisa mosolya (Kolozsi László, Zóna.hu, 2008-8-3)

6.       Daniel Arasse: Festménytörténetek (Bernard Comment, Litera.hu, 2008-8-13)

7.       Megyünk-e, mint világ, „elébb"? Arasse (Tandori Dezső , Könyvhét , 2008 március)

8.       Orbis Pictus/A látható világ elmesélve (Kerekes Tamás, nolblog/marlonbrandy, 2007-10-18)

 

Deux extraits sur 8 critiques parues dans la presse écrite et électronique:

 

  1. Kriszta Dékei: « L'archange qui fait l'autostop », Magyar Narancs, 25 septembre 2008 – extrait.

 

En 2003 l'historien d'art, déjà gravement malade, s'est engagé de faire une présentation de 25 tableaux, de chacun en vingt minutes pour la chaîne de radio France Culture. De même que les auditeurs ne pouvaient pas voir les peintures, Arasse lui-même parlait aussi de mémoire: il a essayé de capter l'indicible avec un filet tissé de mots. Bien qu'il soit impossible de traduire les oeuvres d'art directement dans un discours verbal, la tentative d'Arasse a réussi; ses essais, très agréables à lire, sont les exemples par excellence du transfert des connaissances à haut niveau envers le grand public. La tâche du lecteur du volume composé après la mort de l'auteur est quand même facilitée par 45 reproductions en couleur des peintures analysées.

Au centre de l'intérêt d'Arasse nous voyons l'art de la Renaissance, mais il n'a joint aucune école d'histoire de l'art. Il était une sorte de pêcheur aux détails, avec une forte passion pour les éléments en apparence inexplicables ou mystérieux des tableaux. Pourquoi voyons-nous sur le Saint Sébastien d'Antonello da Messina un oeil à la place du nombril du saint? Que cherche-t-il cet escargot énorme dans l'avant-plan du Salut angélique de Francesco del Cossa? Quelle est l'explication de cette boutonnière étrange sur le robe de la Vierge de Filippo Lippi? (Y a-t-il un rapport entre ce détail et le fait que le peintre-moine vécut une vie sexuelle active et fleurissante avec son modèle, une nonne appelée Lucrezia? Pourquoi ce pantoufle sur le pied du seigneur de Mantoue, Ludovic de Gonzague, peint par Mantegna sur un fresque du palais servant des buts représentatifs?

En fait, quelles sont les questions légitimes à propos d'une peinture du 15e siècle? Avant tout, gardons-nous des approches anachroniques; il ne fait pas de sens de reprocher aux peintres du trecento de ne pas connaître la technique de la perspective. En second lieu, il vaut mieux disposer des connaissances profondes de la période, qui nous permettra d'éviter les bêtises telles que la description superficielle de la Salutation angélique par un élève d'Arasse (« En haut à gauche tout bizarrement il y a un vieux monsieur penché sur un nuage. Peut-être Dieu »). Mais le savoir iconographique, stylistique, historique n'aide à rien, s'il n'est pas accompagné par modestie et le droit de douter.  Justement ces deux qualités rendent les descriptions d'Arasse tellement sympathiques: elles sont motivées par une observation longue et attentive, de l'acte d'avoir scanné avec patience l'oeuvre donné, même si les musées et les églises laissent de moins en moins de temps pour la contemplation des oeuvres d'art. Un essai du livre est consacré au sourire de la Mona Lisa (pas du tout mystérieux, selon l'auteur), autres aux raisons politiques et philosophiques de l'apparition de la perspective, au changement de style abrupte du Raphael de la renaissance au maniérisme, aux résultats de la restauration de la chapelle Sixtine, ou encore à la manière dont les peintures clair-obscures de Vermeer ont été créées. Même si Arasse ne répugnait pas à écrire sur l'art contemporain (notamment sur Anselm Kiefer, Andreas Serrano ou Cindy Sherman), même dans ces cas il cherchait passionnément le lien qui attache leurs oeuvres aux problèmes classiques de la peinture, au dialogue séculier des artistes. En même temps il refuse d'augmenter son rôle personnel dans l'examen, contrairement aux curateurs, juges et critiques omniscients et omnipotents, mais dans leurs jugements souvent superficiels, de l'ère actuel. L'historien de l'art n'est rien d'autre « qu'un batelier modeste, la deuxième main après celle de l'artiste », disait-il, un simple médiateur entre l'oeuvre d'art et son public [...]

 

 

1.      Szilárd Borbély: « Histoires de Peinture », Élet és Irodalom - Ex libris, 9 mai 2008 – extrait.

 

[...] La beauté essentielle de cette initiative de Daniel Arasse est la tentative d'interpréter des images à la radio, où la voix et la présence vécue du vouloir dire du locuteur sont les seules forces qui assure sa crédibilité. A l'âge de la télévision cet un effort louable, surtout que traditionnellement, pendant plusieurs siècles, la description des images se faisait par les voix et l'imagination. Les textes ont été sensé remédier la faiblesse de la qualité des reproductions; et ils ont servi l'enseignement intellectuel de la vue. Parce que nous voyons par l'esprit et non par la rétine. Voir des images et les interpréter s'apprend par une formation, par l'imagination. La voix, par la vivacité de ses sentiments, l'effervescence ressenti par le locuteur qui fait son effet même par la radio, peut encore mieux transmettre le savoir de la lecture des images.

La question la plus importante de Daniel Arasse, examiné lors de ses libres vagabondages dans les siècles de l'art européen est celle de la perspective. Il est épatant, comment il peut à partir de l'examen de la perspective géométrique, de la vue, de la pensée et la force pensive de la structuration des images arriver des choses les plus banales à la présentation des grandes règles de l'art et de l'univers. Nous entrons dans le monde pur d'un esprit libre à la lecture de ces conférences passionnantes: nous entendons parler quelqu'un pour qui la vie est l'oubli de soi-même, parce qu'il parle de ce qu'il aime. [...]

Daniel Arasse

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